Un cri de Pauline dans le salon. Un pigeon sur la lucarne de Thomas. Bon, on prend le balai, on le vire une fois. Il s'envole en face, sur la clim, à 20 cm du salon. Bon, à nouveau le balai...
Le drame. Direct dans l'énorme ventilateur du plafond. Une volée de plumes de pigeons qui s'étalent dans tout le salon. Le mutilé, le massacré s'écrase lamentablement sous mon lit, sous nos hurlements stridents continus qui ne s'arrêteront que 20min plus tard. On coure de partout, on crie, on ne sait que faire, on assiste à notre premier meurtre.
J'ai massacré un pigeon. J'ai vu un pigeon se faire tuer par un ventilateur.
Oui, mais, il n'est pas encore mort, il est sous mon lit. Impossible de le balayer, il s'enfonce un peu plus chaque fois, il m'échappe, j'ai peur qu'il s'envole à nouveau sur moi, Pauline s'est enfuie. Nos hurlements, toujours...(devrais-je préciser que durant ces intenses moments de nos vies, notre homme faisait tranquillement un golf au soleil, dans l'innocence des privilégiés, et le silence de l'absence de nos hurlements...)Nous essayons de chercher de la testostérone virile chez nos voisins, évidemment absents, sauf un bonhomme de cinq ans qui ne parle pas anglais et que nous avons honte d'exploiter, tout de même. Pauline, dans une ardeur toute nouvelle, s'arme d'un seau, l'emprisonne, et commence à le pousser. Mais il se débat toujours et sort dangereusement du seau (nous crions toujours). Nous crions encore et entourons vaillamment ce seau sans savoir quoi faire.
Puis, le miracle. La maid a la bonne idée d'arriver à ce moment là. Elle rigole, beaucoup, prend le seau, vire le pigeon dehors. Il rentre en volant à moitié. Nous hurlons, encore. Elle rit, toujours. Elle le chope à mains nues, l'envoie dehors. Affaire réglée. End of the story. Et le silence, enfin... (notre homme, notre grand absent, ne verra jamais le problème d'un massacre d'un pigeon dans le ventilateur...)
Quelle aventure!
RépondreSupprimerJe t'imagine tellement.
Tu n'as pas peur de l'Inde, des Indiens et de tout ce qui va avec, mais tu crains un pauvre pigeon... Ahahah!
Je veux bien affronter l'eau bizarre, la bouffe dans la rue étrange, l'administration absurde, l'accent horrible, le trafic monstrueux, les hommes incompréhensibles, les rickshaw arnaqueurs, les conversations en hindi impossibles, les sittings class bondées des trains, les guerres violentes et sanglantes pour sortir du métro, les rats sur les rails du train, mais les pigeons morts dans mon ventilateur... NON !!!!! :D c'est carrément plus horrible !!!
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