L'importance du voyage : départ en bus, dans l'anarchie et la folie de la station aux multiples baraques qui vendent tout et n'importe quoi (mais surtout à manger...), une foule qui part de tous côtés aux nombreuses bagages, et souvent improbables, des stands de tickets en ruines disposés de partout, avec les inscription en hindi et les gens qui se bousculent pour y accéder, et tout autour, des bus, plus ou moins en état (mais surtout moins), dont on crie le départ... et quatre français blancs au milieu de cette Inde chaotique, que l'on observe étrangement.
Puis, le départ. Retour à ces bonnes conduites à contresens, klaxons incessants, dépassements douteux...à notre seule présence étrangère au milieu de familles indiennes ; et quand la nuit s'enfonce, quand on entre dans la montagne, cela devient juste sportif : jetés de part et d'autres du bus, l'on se tient aux sièges, ou à son voisin, on se tape la tête contre la vitre, contre le siège, on saute en l'air, on s'écrase sur son siège, on vole dans tous les sens...sous les bruits formidables de tous les indiens qui ont le mal des transports (en même temps, à 90km dans la nuit dans les virages de montagne...) et qui vomissent par la fenêtre. On ne dormira pas beaucoup cette nuit là, mais entre nos rires et les lumières des villages perdus dans les montagnes, elle a ce quelque chose des magiques qu'ont les voyages imprévisibles...
Arrivée un peu avant l'aube, dans un froid glacial dont je ne me remettrai pas ! Avec deux pulls, un vent gelé, on grelotte, on frissonne, nous sommes tous frigorifiés : IL FAIT FROID EN INDE ! (nous sommes à plus de 2000m d'altitude...) ; on court se réfugier dans un dhaba, avec un tchai et un petit déjeuner, en attendant l'aube, et de trouver un hôtel.
Puis, départ en bons touristes en voiture, après une petite visite de la ville, pour les lieux alentours ; l'on essaye d'éviter la version du tourisme indien qui propose un tour à poney ridicule pour accéder à un petit temple qui a l'air bien kitsh, et qui les enthousiasme pourtant...mais nous raterons le yack, et cela, c'est une grande déception ! Arrivée finalement dans des endroits bien sympathiques, près d'un boa que les courageux porterons (je n'en fais pas partie!) et près d'une rivière magnifique, sur le sable...la vie est belle !
Bon, l'on s'effondrera comme des merdes très tôt dans la soirée...
Le lendemain, journée train ! Dans un toy train, ie un train qui fera 90km en six heures à travers les montagnes, où le rêve indien devient réalité : je passerais presque tout le trajet sur les marches, à l'air frais, cheveux aux vents, à faire des jeux avec les indiens des autres wagons, à regarder le vide des mini-ponts passer sous mes pieds, à prendre des photos dehors du train, à boire du tchai tchai tchai qui passe à chaque arrêt, sous des paysages de rêve...
Arrivée à Kalka, retour à la maison dans un train normal, en sitting class, coincés au milieu des indiens curieux de nos jeux étranges, de notre langue étrange, sous des ventilo qui ne marchent pas... le voyage à l'indienne dans la magie du train !
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