vendredi 30 juillet 2010

Failure.




Bon, après une troisième tentative à cet horrible FRRO, des heures de queue qui commencent à être incalculables au milieu d'une sorte de serre qui protège de la mousson, certes, mais augmente la chaleur, puis dans un couloir ridicule bondé avec un ventilo débranché (torture...mais peut-être l'ai-je déjà écrit quelque part!), nous avons officiellement perdu la partie.

Nous avons dépassé la date, nous allons devoir payé l'énorme amende qui équivaut tout de même à deux billets d'avion inter India, ou à trois jeans levis, ou à presque un mois de loyer au choix...

Sans compter que là, je ne comprends carrément plus ce qui manque...les mêmes personnes nous disent des choses différentes chaque jour, comme si elles inventaient les règles, sous de pseudo apparences rigoristes législatives, en nous prenant pour des connes. Et si vous croyiez comme moi auparavant, qu'un bakchich peut vous sauver, sachez que vous n'avez pas le temps de protester ou de négocier avant que l'on vous envoie chier, après donc, quatre heures interminables d'attente.

Bref... pour couronner le tout, nous n'avons pas eu de billet pour Agra ce week end, du moins Pauline et moi, car nous sommes indiennes, et que même en payant le tarif étranger, ce n'est pas possible. L'administration indienne, encore et toujours.

Un énorme découragement devant ce pays, dans lequel il semble qu'à moins d'être un véritable touriste occidental de luxe, tout est une galère permanente, la moindre petite chose demande une énergie et une force incroyable.

Il y a extrêmement, extrêmement peu de blancs à Delhi, peu d'étrangers en Inde, et pour la première fois, je comprends pourquoi : il fait dur d'être étranger ici.

Enfin, au comble de mon désespoir, quand j'étais prête à fermer ma valise et à rentrer en France, alors que je m'étais éloignée des filles au Musée National (incroyablement beau, mais les photos ne sont pas autorisées), des indiens sont venus me parler, me demander d'où je venais, ce que je faisais, etc etc... jusqu'à me dire qu'ils n'aimaient pas du tout, du tout rester seuls et que si j'étais seule, ils allaient être mes amis ! Au moment où les indiens de l'administration sont horribles, on rencontre le meilleur...

Sinon, je vous laisse admirer les effets d'une matinée de pluie à Delhi...




A part cela, information principale : je déménage demain, et donc, je n'aurai internet qu'en pointillés pendant un petit moment, d'autant plus que je pars pour Varanasi mardi après-midi. De retour le 12 août de Calcutta... !
Si comme ma maman qui a appris difficilement vous avez du crédit sur Skype, vous pouvez me joindre sur mon portable ! Si vous appelez de portables français, faites-moi sonner et je vous rappellerai !

mercredi 28 juillet 2010

Fort rouge (2)


Voici donc le Fort Rouge, symbole de Delhi. Impressionnant à l'arrivée, un petit peu décevant au final (à l'indienne, ie légèrement laissé à l'abandon). Encore une fois, indian power avec Pauline contre le statut de colonisateur (= étranger) de Anne. Des queues pour les hommes (interminables), des queues pour les femmes (remarquablement courtes)...on se fait fouiller (et peloter) par des femmes militaires, deux fois. L'armée de partout, des postes militaires, des rondes...




Et comme vous pouvez l'admirer aussi, mes fameux écureuils gris !!! Qui est venu me foutre un coup pour avoir à manger, très sauvage donc...voleur de chips !




Et toujours, des gens pour se faire prendre en photo avec des blanches, poliment ou faussement discrètement...je suis heureuse d'arriver à passer au travers ! Ce qui n'empêche que je commence à m'énerver...trop de paparazzi !

Fort Rouge






Départ pour le Red fort, discussion avec le rickshaw : "Red fort." "Airport" ? "Red fort" ? "Airport" ? "Red fort" ? "Airport" ?
Mhm, nos accents nous tueront.

Al Pacino is me


Hier, nous attendions notre "chauffeur" qui devait nous accompagner à la banque pour que l'on retire 40 000 Rs et qu'on lui refile, afin de commencer à payer l'appart... quand est arrivé un petit jeune, en moto(!), qui ne semblait pas vraiment ravi d'être là et qui ne comprenait rien à sa mission ! Bref...

On part en rickshaw à la banque, suivi de près par ce scooter, au milieu de la boue géante occasionnée par une matinée de pluie... C'est une véritable excursion, une escalade en essayant (sans succès) d'éviter les mares de boue...je pleure pour mes chaussures.

Là, arrivées à la banque, on se retrouve avec des liasses ENORMES de billets dans les mains : 40 000 Rs en coupure de 500...en plus, on ne peut retirer que 10 000 Rs par 10 000...les gens ont le temps de nous voir trimballer ces liasses ENORMES ! (sans oublier que mon premier retrait a été annulé, ce que je n'avais pas compris, donc j'ai commencé à faire un scandale dans la banque... ^^)

Puis, notre homme de main se met à recompter trois fois au milieu de tout le monde encore et toujours nos liasses ENORMES... avant de tout foutre en vrac dans sa poche de costume, et de repartir sur son scooter.

Nous bravons les éléments, marchons dans la boue, partons faire du shopping...et nous vengeons sur Levis ! Une autre première fois de ma vie...nous passons remarquablement bien dans ce magasin de luxe en tant que blanches...et les prix passent tellement, tellement bien pour nous ! (entre 25 et 35E le jean ^^). Bref, premiers soldes pour moi !

Enfin, ce matin, j'ai enfin pu rencontrer mon adversaire de toujours : le pigeon qui depuis notre arrivée, s'envole en gueulant à chaque fois que l'une de nous part dans la salle de bain...ce qui fait peur en pleine nuit quand vous n'êtes pas réveillés ! Bref, et bien ce matin, il est resté pendant que je prenais ma douche...s'en est suivi un intense duel oculaire, que j'ai, semble-t-il, gagné : il est parti sans gueuler... (et sinon, il avait les yeux rouges, mais vraiment genre rouge sang, et je cherche à savoir si c'est une caractéristique des pigeons de Delhi ou un trait définitoire des pigeons...)

lundi 26 juillet 2010

I am a princess. I am a star.


Il y a des jours où devenir indien est une question de survie psychologique : c'est ainsi que je me retrouvais, après m'être faite jeter par mon administration du centre de Hindi pour mon certificat pour le FRRO : "AFTER LUNCH." alors que je m'étais levée exprès pour... à me rendre dans le bâtiment des sciences sociales, et à chercher le centre de philosophie. Une fois avoir vu que les profs étaient dans les salles 304,305,306,307, je prends l'ascenseur (pour la deuxième fois en Inde!) et je me rends au troisième étage, priant pour qu'une fois dans notre existence, indiens et français marchent de la même manière. En errant dans les couloirs, je vois la porte d'une prof ouverte. Je frappe, je lui demande s'il est possible de discuter, je m'installe, et là, je vide mon sac. Je raconte TOUS mes problèmes à cette pauvre petite prof pleine de compassion qui m'explique alors TOUT le fonctionnement du doctorat de philo. Enfin, l'administration dépassée, bienvenue dans un monde humain et meilleur. Elle essaye ensuite de traduire mes cours français en anglais, discussion sur ce que j'ai étudié, et bla bla bla...

Il n'y a normalement pas de problème pour que je suive les cours de philo. Elle m'envoie à l'office de philo. Fonctionnaire incapable, qui m'envoie chez la chairsperson (sous-doyen je pense...): à nouveau un prof adorable, qui pour la première fois, explose de rire à l'idée que je sois en M1 de hindi sans pouvoir le lire, et que ça choque. Un homme censé en bref. Bon, tout va bien, à condition d'une lettre, je pourrais suivre de manière informelle (comme tout le reste) mon M1 de philo en doctorat de philo indien. Bienvenue en Inde...

Je vais ainsi avoir une fausse inscription en M1 de Hindi, un faux contrat pour mon appartement, et un faux document pour l'immigration. I love India...



Bon. Après m'être incrustée chez tout le monde, je rejoins les filles : je les retrouve en compagnie d'un indien, bien habillé, ingénieur, qui...les a prises en photo. Il me demande de le prendre avec elles, puis de nous prendre toutes les trois, puis de toucher la main de Pauline. Il leur a dit avant mon arrivée qu'elles étaient comme des stars de cinéma... La police débarque et nous demande s'il faut le virer. Nous refusons, mais nous ne nous libérerons qu'en partant. Début d'une grande journée de star...



Si votre égo faiblit, si vous avez besoin d'un remontant et que vous êtes blanche, venez en Inde !!! Vous aurez le monde à vos pieds...



Aujourd'hui, et je crois pour la première fois, un soleil franc sur Delhi...et la température en conséquence. Mais également, après deux jours à l'hôtel, et à cause du vent probablement, une pollution insoutenable, et un air, pour la première fois, réellement irrespirable...c'est assez effrayant de ne plus arriver à respirer dehors...

Nous partons à notre futur appart rejoindre notre espéré futur colloc que nous rencontrons, un gars de Science Po qui a l'air fort sympathique... et repartons visiter Qtb Minar, dont vous voyez les photos un peu partout ! Je vous laisse admirer...



Là, début du show : alors que nous parlons avec des françaises, une indienne, en beau sari, d'un certain âge, vient se coller au milieu de nous (genre, je suis discrète mais en fait pas du tout) et se fait prendre en photo par son mari au milieu de nous. Explication du mari : "she is my wife". Merci... Je vois un appareil photo par ci, par là qui nous prend en photo...

Je repars à la fac rejoindre mon ami qui me sauve de toutes mes situations administratives désespérées. Nous passons 30min dans le bureau pour mon certificat à rechercher ma feuille d'inscription parmi les centaines d'inscription !!! J'essaye de suggérer que c'est une autre femme du même bureau qui l'a, le fonctionnaire m'envoie chier, c'était son boulot, c'est son papier, je ferme ma gueule. Je suis alors frappée par la capacité des fonctionnaires indiens à l'inaction...Ils sont 6, dont un seulement cherche vaguement, les autres étant assis, à discuter au mieux, à ne rien faire au sens strict pour les autres. Finalement, je vais voir la femme et lui demande directement pendant qu'on ne me regarde pas. Elle me tend ma fiche en 30 secondes...

Certificat en main, je me balade dans la JNU, ce havre de paix avec mon pote. là, double traumatisme pour lui : je lui apprends que la plupart des français sont athées, quand il m'explique que le concept n'existe pas pour les indiens et que lui-même croit en tous les dieux de toutes les religions...et je lui dis que non seulement, je suis non-veg, mais qu'en plus, chez moi, on mange du boeuf et du porc !!! :D

Et encore une fois, je suis la reine du monde. Non seulement il me demande si je veux manger, boire, n'importe quoi toutes les cinq secondes, en plus il m'invite partout pour tout et n'importe quoi...je me souviens alors qu'à la fac, du moment où je me suis mêlée aux indiens (et donc ai été avec des hommes), je n'ai jamais levé le petit doigt. On est allé me chercher à manger et à boire, on m'a trimballée dans tous les bureaux, on a même expliqué ma vie en hindi. Je suis la reine du monde, et parfois, je l'oublie. Je pense que le retour en France sera difficile d'un côté...et que je vais devoir m'énerver sur les indiens pour exister de l'autre.
Bref, pour l'instant je suis une star...

Je retrouve les filles ce soir, en train d'exploser : on les a prises en photo toute l'après-midi !!! Cette micro-communauté blanche, critère esthétique par excellence... Je me moque d'elle, et ensuite, direction Mc Do, pour tester, enfin, ce MC MAHARADJAH (Big Mac indien) !!!!
Aujourd'hui, officiellement, j'ai triomphé sur mon estomac.

Happy day...

PS : pour la photo où je suis dessus, croyez-le ou non, mais une indienne qui surveillait le tombeau a absolument à me prendre en photo de manière à ce qu'il y ait le Qtb Minar dans mon dos...pourtant, on a 15 min à se comprendre...en hommage à elle, I am a tourist !





Visite de Qtb Minar, mosquée et son minaret classés au patrimoine mondial.
Un havre de paix et de beauté dans Delhi.
Et nous, maintenant qu'on est étudiant indiens, on paye le tarif indien !!!! soit 10 roupies, tandis que Anne a payé 250 !!! ^^ Héhéhé, ça a du bon de se battre deux jours entiers durant 50 bureaux et au milieu de milliers d'étudiants !!!! :-)

samedi 24 juillet 2010

Nouveau régime



Départ pour Agra repoussé pour cause de...tourista, et oui ! Finalement, nous ne serons pas les exceptions françaises.
Régime en cours donc, en version accélérée (nouvelle méthode américaine) et perte de quelques tailles de pantalons assurée d'ici quelques jours. ^^
Journée au lit aussi, sauf pour Anne (qui a dormi toute la veille) et qui est allée visiter...oui, il y a de beaux monuments à Delhi !
Et d'ailleurs, je tiens à signaler qu'ici comme ailleurs, je suis toujours la moustiquaire de tout le monde ! Malgré tous mes produits, que les filles ne mettent même pas toujours, je suis la seule à me faire dévorer !
La vie est injuste...et l'Inde reprend ses droits sur nous, pauvres touristes que nous sommes !

Sex and the city, Good morning england, siestes musicales, papotages divers, arrosés de coca bien occidental ! Journée pyjama climatisée...Pause retour chez nous pour un week end au lit, sans mettre la tête dehors !!!
Je vous laisse admirer notre installation canapé devant l'ordi...et ma belle tête en pyjama devant internet !

vendredi 23 juillet 2010

Je suis bilingue en Hindi.

Départ pour une deuxième journée d'inscription à la fac, à l'ouverture. Un peu moins de monde, mais de nouvelles queues interminables...heureusement, un étudiant adorable me prend en pitié et me suivra toute la journée, avec l'efficacité des techniques indiennes : arriver devant tout le monde (sachant que personne ne trouve là une raison de gueuler...), demander s'il s'agit de la bonne file (oui parce qu'il m'est arrivée de faire deux heures de queue pour être renvoyée à la photocopie, et revenir refaire la même queue, voire changer de bureaux, ou de personne dans un même bureau...), s'imposer et tendre la feuille sous le nez de l'employé pendant sa pause, demander dans tous les bureaux des renseignements sans avoir à réexpliquer cinq fois parce qu'ils disent "pink" au lieu de "think" et que je dis "work" et eux "veurk", etc.

Bref, pause déjeuner au milieu d'un groupe d'indiens fort sympathiques, certains parlant français, d'autres ayant connu Gaëlle ou d'autres français lyonnais...on s'échange des numéros, on nous invite à visiter la JNU la nuit, quand ça s'active, on me demande si je suis mariée...Ai-je besoin de préciser qu'ici aussi, les hommes sont omniprésents, et les filles rares ? Bref on dévie toutes les conversations embarrassantes, on nous invite dans le Bihar, à Jaipur, on essaye de parler hindi (déjà de prononcer leurs prénoms...j'ai d'ailleurs tellement honte car nous mettons 10min pour chacun, alors qu'eux gèrent assez bien les nôtres !) et déjà deux personnes prêtes à m'apprendre l'hindi contre des cours de français... bref, heureusement, les étudiants indiens sont adorables, ce qui tranche avec leur personnel administratif (il faut dire qu'une fois avoir expliqué à mon accompagnateur la procédure française -ben, tu vas sur internet, tu t'inscris, tu imprimes ton dossier, tu l'envoies- ils ont compris l'altérité culturelle dans laquelle nous nous inscrivons...et c'est avec beaucoup de justifications -c'est pour tout le monde pareil, hein-, et de pitié qu'ils ont fini la journée !)...

Lunch time done, on reprend les affaires. J'apprends que cette horreur administrative qui m'a pris deux journées entières recommence au prochain semestre...

Puis durant toutes ces démarches durant lesquelles j'ai choisi de m'inscrire selon la lettre d'admission reçue, négociant ensuite la philo, je finis par arriver à un bureau, où l'on me demande : "Hindi ou Urdu" (je suis en "Indian languages"). Je réponds naturellement "hindi" avant de saisir l'absurdité de la situation : je suis officiellement inscrite en Master de Hindi en Inde, où tout le monde est bilingue. Je vais suivre des cours de Hindi avec des indiens. Je suis en Master de Hindi, bac + 4 d'une langue que je ne sais même pas lire. (et ça ne choque personne durant l'inscription, personne ne me demande quel est mon niveau, et les indiens nous assurent que dans six mois, nous serons bilingue)
JE SUIS INSCRITE EN M1 DE HINDI ET JE NE PARLE PAS UN MOT DE HINDI.

17h, retour à l'hôtel.Je dois retourner à la faculté lundi pour demander un certificat d'inscription pour le FRRO.

Enfin, ce soir, départ pour la banlieue de Delhi Est pour régler les derniers détails de l'appartement (que je ne sais même pas si je prendrai, car je risque de partir pour la Delhi University au nord de la ville). Je dois avouer que le ton change, la pauvreté, même l'urbanisme pourtant anarchique au sud. Delhi aux milles quartiers, aux milles ambiances. Je ne vous décrirai pas l'ampleur de mon bordel administratif, ni de mon incertitude quant à mon année...mais Pauline et Anne s'amusent bien !
Le propriétaire de l'appartement : "vous étudiez quoi à la JNU ?"
- Pauline : "Moi je suis en histoire, et Elise, en Master de hindi !"
- Propriétaire : "Ah, en Hindi c'est bien, vous pourrez parler et comprendre tout bientôt !"
- Pauline : "ah oui, c'est sûr, elle pourra me faire la traduction avec son master de Hindi ! "
Je suis la blague du siècle. :D

Du coup, je suis allée voir mes futurs cours ! Ils ont l'air passionnant : stylistique, poésie indienne, théâtre, sociologie de la littéraire, théorie littéraire, histoire littéraire...de véritables cours de lettres quoi ! Dommage que je puisse pas lire... :D

Bref, je suis donc inscrite en Master de hindi. Happy day !

Départ espéré pour Agra demain...

jeudi 22 juillet 2010

MON DIEU !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! L'ADMINISTRATION !!!!!!!!!!!

Bon.
Départ pour la JNU (Jawaharlal Nehru University), aujourd'hui, jour de la rentrée et ouverture des inscriptions. Nous ne nous faisons pas prendre au piège de l'immensité du campus, bien décidées à nous faire arrêter DEVANT nos bâtiments. Un groupe nous arrête et nous guide : "la procédure est longue, comptez la journée, et si ce n'est pas terminé, vous devrez revenir demain."
Le ton est donné...

Là, entrée dans le hall. Là, le choc : des tables, un hall de 80m2 et une centaine de personne agglutinées autour des tables, et une sorte de flux désorganisé de gens qui partent d'un côté et de l'autre. Pas de clim, of course. On nous prend en charge, on nous emmène dans un bureau. Nous sommes "exchange program" et "casual student", ce n'est pas le bon bureau. On nous renvoie ailleurs. Mauvaise pioche. Encore ailleurs. Encore ailleurs. Encore ailleurs. Encore ailleurs. Enccore ailleurs. Encore ailleurs. Encore ailleurs. Encore ailleurs. Encore ailleurs. Encore ailleurs. Au bout du moment, nous entrons dans une petite pièce où les gens s'attroupent ; imaginez-vous à un concert dans la foule. Encore pire. Pas de clim, pas de véritable queue, un attroupement chaotique où celui qui arrive à tendre sa feuille le plus près du nez du prof a gagné. Après une heure peut-être, j'arrive à me faufiler : on me renvoie de l'autre côté de la pièce pour les étrangers. Encore de l'attente à 40° collée à une conquantaine de personnes dans cette minuscule salle. On me prend mes papiers : j'explique qu'il y a eu une erreur d'admission, que je veux être en philo, non en lettres. "Pas possible. Vous n'avez pas été sélectionnée pour la philo." Point. On me donne un formulaire (pour lequel on apprend qu'un autre français -les blancs se reconnaissent vite- a payé 1200 roupies. Evidemment, il est gratuit en fait. On nous donne un petit papier : prochaine étape, room 13.

Du coup, après avoir rempli quatre fois ce formulaire, j'essaye de trouver quelqu'un qui arrivera à me changer de filière. Je parle à quatre étudiants, fais trois bureaux. Je retourne dans mon bureau initial (sorte de QG où l'on revient sans cesse, d'où l'on ne sort jamais vraiment et dans lequel l'on fait 12 fois la queue)et tombe finalement sur un prof sympa accompagné d'une élève adorable, qui m'expliquent gentiment qu'il n'y a pas de master de philo !!! Les cours commencent au doctorat...J'ai fait quelques milliers de km pour un cursus qui n'existe pas.

J'abandonne l'inscription, retourne à l'hôtel et commence à déployer le grand bataillon de mails et de coups de téléphone habituels. Tout le monde est en vacances en philo...pas aux RI. Bref, affaire en cours... L'heure tourne et Pauline n'est pas rentrée de la JNU dans laquelle elle continue son inscription : il est 17h, je la vois arriver. Pleine d'espoir, je lui lance : "alors, ça y est, inscrite ???"

Non. La fac a fermé, elle s'est fait renvoyer : "il faut revenir demain."
Une journée entière d'inscription, et nous ne savons même pas à quel point nous en sommes. Demain matin, arrivée 15min avant l'ouverture pour être devant dans les queues.
A la guerre comme à la guerre...
Longue journée en perspective...

Pour se réconforter, ce soir, nous partons dans le quartier musulman manger dans un resto recommandé par le guide du routard ET une prof de Lyon 3. ^^ Effectivement, cela valait le coup ! Y compris la balade de trois blanches aux habits colorés au milieu d'une foule de musulmans bronzés en blancs... ^^

mercredi 21 juillet 2010

Premier shopping !



Arrivée de Anne pour compléter la troupe !!!! Errante quelque part dans Delhi pendant trois heures à la recherche de notre guesthouse introuvable, sans téléphone portable...je n'y croyais plus, mais elle est arrivée ! ^^

Départ pour manger dans notre petit resto/cafet indien préféré de notre quartier (on prend vite des habitudes culinaires...), et premier shopping !!! Je vous laisse juger par vous-mêmes...je pense que je vais vite remplir ma future chambre ! Prévoyez le retour en bateau avec toutes mes affaires !

Finalement, deuxième visite de notre futur appartement, début de la deuxième phase : négociations... ce qui est au moins aussi important que la première, probablement aussi longue...mais comme malheureusement dans ce pays, nous ne sommes que deux filles blanches (ie sans véritable impact sur cette société hyper masculine), c'est à renfort de notre connaissance française, businessman blanc, que les négociations commencent, et sous son regard avisé...

Enfin, départ pour Connaught place by night, lieu prisé pour sortir... l'Inde dans toute sa grandeur : nous passons au milieu de travaux, dans lequel Pauline perd sa chaussure au milieu d'une flaque de boue. A peine le temps d'allumer notre portable en mode lampe de poche intégré (ah ! la magie Nokia indienne!) qu'une troupe d'indien arrive, récupère la chaussure, nous trouve de l'eau, etc. Puis snack dans une sorte de kebab indien (mais tellement meilleur!) avec 15min de conseils culinaires, de tests d'épices pour juger si c'est trop pour nous, de discussions sur le fonctionnement du truc, une visite ensuite pour vérifier que tout se passe bien...et enfin, un rickshaw qui refusait de nous laisser loin de notre hôtel, et qui, au lieu de nous laisser au bord de l'avenue habituelle, a fait un détour jusqu'à nous poser devant la porte introuvable...bref, le charme de l'Inde by night ! (sans oublier mon célèbre garde du corps et ses appels quotidiens qui a vérifié que nous soyons rentrées à l'hôtel...). Comme quoi, s'il est difficile d'être une fille ici, tout le monde prend soin de nous !

PS : l'autel du hall de la guesthouse, duquel un moine bouddhiste vient de rentrer, relai de nos juifs israëliens qui nous ont quitté !^^

mardi 20 juillet 2010

Ah ! La mousson... ah ! l'administration...

Lever sous la pluie battante... mousson ! A vrai dire, c'est assez drôle la première minute, l'émerveillement occidental devant tant de pluie, tant d'eau en même temps et au même endroit ! Après cette minute, une fois que l'on a réalisé que sortir devenait un parcours du combattant, et qu'il faudrait passer la journée enfermée à l'hôtel, cela devient rapidement déprimant, ces seaux d'eaux...

Finalement, on se motive tout de même pour aller au FFRO (bureau de l'émigration dans lequel tous les étrangers qui résident en Inde plus de 6 mois doivent s'enregistrer...), cette sorte d'enfer administratif indien... on se met dans une queue dehors, à peine abritées et au milieu des mouches, jusqu'à ce que l'on comprenne que si tous les gens nous regardent bizarrement, c'est parce que cette queue est réservée aux afghans, et que les autres étrangers doivent entrer directement...retour à une deuxième queue qui n'est guère mieux, ni plus courte : nous sommes trois blancs dans ce bâtiment, j'espère alors que nos procédures seront plus simples (ce genre de privilèges de blancs auquel on se raccroche dans ces moments là ^^)... Raté. Après une longue, longue attente (dans laquelle j'ai bien cru qu'on allait carrément nous virer pour cause de fermeture), le gars m'envoie chier en deux secondes : il faut une adresse permanente et l'inscription de la fac pour s'enregistrer, sachant qu'on doit le faire dans les quinze jours suivant son arrivée... Mhm, merci l'administration indienne !

Il a plu au moins la moitié de la journée, peut-être la nuit, Delhi est inondée (y compris les tonnes de chantier qui préparent les jeux du Commonwealth), les rickshaws passent au milieu de flaques qui deviennent des étangs, les voitures nous envoient des mètres d'eau...il faut encore affronter Connaught Place en travaux, ie tout sauf un endroit touristique, avec le monde du centre, les rickshaws insupportables, etc. (je déteste le centre de Delhi, vive le sud ^^)...
Retour dans notre cher quartier, qui, s'il semble bruyant à l'oreille de Mimi au téléphone, est incroyablement calme pour nous ^^ (à peine trois klaxons par minute, deux énormes bouchons, et des gens partout qui font leur shopping, trois fois rien donc puisque personne ne s'occupe de nous ici!)...et là, les avantages de l'Inde ^^: Pauline s'est trouvée des chaussures à Bata pour 450 roupies (7 euros), pause bouquins et carte de Delhi, et début de l'inventaire de mes futurs fringues, ie grande discussion pendant une heure avec un vendeur, pour ne rien trouver, mais les yeux pleins de couleurs de mes futurs sari, kurtas, etc etc !!!

Après notre grande déprime matinal, et notre bon coup de blues version homesick, on retrouve notre moral. Pauline me dit finalement : "bon, après avoir vu deux gamins jouer à tarzan avec un fil électrique dans une énorme flaque au milieu du traffic, j'ai réalisé que mon plus grand problème c'était de vivre à l'hôtel...et j'ai relativisé !"
L'Inde, toujours...

lundi 19 juillet 2010

Journée faste en vaches !



Journée administrative ; Bilan :
- Ambassade de France : 1 tour Eiffel en poster ; 1 historique des Droits de l'homme ; 1 consulaire chauvin (du genre l'Inde est une terre en guerre, en proie à la misère, les dangers divers, terre hostile, "Bon courage, bon courage, bon courage" => bah pourquoi tu bosses là banane !
- Appartements visités : 7 dont un probable !
- Engueulade avec un rickshaw : 1 avec son test "je me mets à parler très fort et à m'énerver, quelqu'un intervient ?" et la réponse étonnante pour des français est "OUI" !!! Ca fait du bien !
- Heures en rickshaw : incalculables
- Pollution en rickshaw : au-delà des limites humaines sur le "périph" (les énormes routes à quatre voies officielles -plutôt 6 ou 8 en réalité) qui traversent la ville avec des bornes pour séparer les deux sens, et des piétons au milieu qui les traversent (dont nous ! mais guidées par un indien ^^), et une voiture en panne au milieu que l'on pousse tranquillement au milieu de la route et des klaxons ^^
- Négociation avec un rickshaw pris devant l'ambassade de France (située dans un énorme avenue ultra chic où toutes les ambassades s'enchaînent et où ne sortent que des diplomates étrangers) : impossible, prix insupportables
- Vaches à bosses enregistrées : 4 !!!!!!!!!!!!:-)
- Ecureuils gris bizarres avec une rayure blanche (genre un raton laveur écureuil ^^) : 2 !!
- Regards étranges des hommes : j'ai arrêté de compter...
- Vêtements et bijoux achetés : aucun, oui je sais c'est honteux...mais négocier des fringues après avoir passé la journée à négocier des rickshaws et des appartements devient épuisant...pourtant, c'est les soldes !!! Bientôt, bientôt promis, pour essayer de paraître moins blanche ^^ !

dimanche 18 juillet 2010

Leçon : Delhi n'est pas une ville touristique !






Petite virée touristique vers 13h sans rien pour se protéger (les touristes sont toujours stupides...) nous avons vite déchantées vers l'India gate à 40° où il n'y a presque pas de touriste étranger, seulement indiens (comme partout), où les rickshaws deviennent insupportables (du genre on quadruple le prix) et où il est donc impossible de faire un pas sans que l'on vous vende tout et n'importe quoi...ce qui lasse très vite, désolée pour la pseudo culpabilité occidentale !
Bref, retour à Lajpat Nagar II (notre quartier pour le moment) pour un premier véritable repas indien (notre guesthouse est tibétaine), enfin correctement épicé, et BON !!!!!
Ce soir, rendez-vous chez un expatrié français pour avoir des tuyaux d'appart !

samedi 17 juillet 2010

Delhi is my hometown !






Une autre très belle journée, la fatigue en moins...

Comme c'est le week end, nous voilà parties pour la JNU (Jawaharlal Nehru University)...qui est, comment dire...la forêt amazonienne ! ou la jungle ^^ Bref, une sorte d'espace sans fin dans lequel on ne voit jamais les limites tellement c'est grand, rempli d'arbres divers et variés, au milieu desquels on distingue parfois des bâtiments de cours, sur lesquels de belles affiches politiques donnent le ton ! Les étudiants sont de la même obédience politique partout dans le monde ^^ !

Mais le meilleur restait à venir...comme nous voulons trouver un appart à côté, nous avons pris un rickshaw (premier voyage d'une longue série, mon loisir du moment ^^)sans trop savoir où nous arrêter. Comme le chauffeur ne parlait pas anglais, après différents arrêts pour trouver des traducteurs, nous sommes tombées sur deux indiens qui nous ont invitées chez eux...et qui ont passé l'après-midi à appeler leurs contacts divers et variés, les faire venir et nous trimballer en voiture pour nous faire visiter des appartements (malheureusement, sans en trouver un qui nous plaise)! Résultat, un numéro indien et l'assurance de "if you have any problem in Delhi, just call me et and I will come as soon as I can !", un traducteur et négociateur imbattable de rickshaw et d'appartement "faites un prix pour mes amis" ^^ et juste un accueil formidable...

Ce soir, nous avons le choix entre des Belges et nos israëliens à l'hôtel...
Bref, Delhi nous a adopté, nous l'avons adoptée, et nous nous aimons ^^ !

PS : première vache à une bosse enregistrée !!!!! :-)

PSS : Photos : en pleine négociation d'un rickshaw d'abord, puis JNU, le campus et ma fac !!!

vendredi 16 juillet 2010

Premier jour...

Arrivée à l'aéroport à l'heure...vol pris de justesse : "Dernier appel pour Melle Coque***, Melle P..., etc". Puis, embarquement en vitesse, avec un énorme bagage à main non prévu : on me change de place pour le fond de l'avion désert pour une raison inconnue (et non comprise du fait du british pressé qui m'a conduite...), près de trois hommes portant la même chemise, le même air grave, la même carrure. A la fin du vol, à l'arrivée de Londres, les trois hommes se lèvent les derniers, et revêtent des cordons "special crime" ; "police london Heathrow", à côté d'un homme qui, malheureusement pour lui, était une image parfaitement transmise et intégrée du terroriste...à la sortie de l'aéroport, plusieurs hommes lourdement armés, gilet parre-balles, etc. Je comprends alors que mon premier vol pour l'Inde s'est fait en compagnie d'un criminel. Premier éclat de rire, l'aventure commence.

9 h d'escale : interminables. De plus en plus de saris au fur et à mesure des heures. Départ, enfin, dans un avion peu touristique, mais tellement bon : oreiller, couverture, chaussette, lunettes en tissus pour dormir, sans compter le premier repas indien enfin correctement épicé !

Arrivée, épuisée, le lendemain matin : j'aurais pu croire jusqu'à la sortie de l'avion que j'étais encore en Europe. Mais là, il n'y a plus de doute. Cela devient juste indescriptible. Les contrôles successifs, l'accent, le formidable accent indien, l'armée, et l'attente, l'attente interminable des bagages. Finalement, Pauline et moi faisons un sans faute : aucune bagage perdue (miracle de la nature !), de l'argent échangé en deux min, les taxis prépayés accessibles...nous sortons.

Là, l'Inde...juste, juste à vivre. Cette sorte de bouffée de chaleur (agréablement supportable), ce chaos chaleureux et aux klaxons multiples et infinis, et...le taxi, fidèle à toutes les descriptions. Une sorte de boîte à chaussure sans ceinture, sans siège, sans grand chose en fait sauf un klaxon. Les artères de Delhi ensuite, et l'impression d'avoir cinq accidents à la seconde, tout en se demandant rééllement comment à chaque fois, ça passe. Bref, la formidable aventure, le formidable moment tant attendu !

Puis, l'hôtel : incroyablement propre, climatisé, doté d'internet, d'un frigo...ce n'est plus si drôle, mais tellement agréable ! Puis, balade...l'impression simple de ne pas être chez soi, mais de faire partie du paysage, pourtant dans un coin qui n'est absolument pas touristique. La réalité du dévisagement et des klaxons masculins incessants aussi, et le peu de femmes dans les rues. Mais tout de même, si ce n'est le sentiment, à chaque fois que l'on pose les yeux sur quelque chose, que nous sommes très loin de ceux que nous aimons, une première journée incroyablement facile, et dans laquelle nous nous sentions chez nous, sans être avec les nôtres...nous sommes tellement, tellement soulagées !

Ce soir, nous mangeons à l'auberge, il a plu sans que nous nous noyons, nous pouvons sortir et le supporter tout à fait, et tout va bien...
Nous fêtons shabbat avec des israëliens ! Prières et rituels au milieu de l'Inde, et celà dans une sorte de repli pour un temple bouddhiste du Ladakh (notre guesthouse)...
Bienvenue en Inde donc...

PS : quelques problèmes d'adaptateurs d'ordinateurs à régler, mais j'ai un portable indien ! n'hésitez pas...

Je vous embrasse très fort !