Le temps était pourtant venu de travailler...
Mid-term paper. Examens de mi-semestre. Deux dissertations accompagnées de leur présentation orale à présenter.
Ici, on choisit son sujet : une grande angoisse s'empare de moi, la même qui se dresse devant l'abysse de mon mémoire. "Oh mon dieu, trouver un sujet !"
(en réalité, devant être relié au cours, le fossé se réduit...)Bon, l'habituel retard, l'habituel bordel des bouquins étalés dans ma chambre et le salon qui jonchent le sol, les liasses de polycopiés par ci par là
(curieusement, mes collocs ne m'ont pas frappée...), les ordinateurs étalés entre le canapé et le fauteuil, les stress occidentaux de la veille "oh mon dieu, mais tout sera en anglais et je suis une quiche !", surtout que je tombe malade à ce moment, bref, l'habituel bordel...
Mais tout de même, ce pays est formidable ! J'arrive peu convaincue de moi, mais en tenue indienne :-)...je ne passerais pas ce jour-là. Ni le lendemain. La semaine d'après. Oui, ici, une présentation dure 20 min, mais le temps de la discussion est interminable ! Nous sommes dix en cours, et cela durera des jours et des jours !!! On débat, on s'engueule, on se fait laminer, mais avec le sourire, on débat encore, on s'interroge, on discute, on prend le thé, on continue à discuter...tout un processus.
Bon, finalement, un jour, il faudra y passer. Comme à mon habitude, j'enlève mes sandale en arrivant. Et j'oublie de les remettre.
Je ferais donc une présentation d'examen oral pieds-nus devant mon doyen, mes deux autres professeurs, et mes camarades de classe... et personne, mais absolument personne, n'aura même l'idée d'être surpris, ou choqué. A ce moment précis, je décide de ne jamais rentrer en France !
Et puis, la magie de la dissertation française, et des philosophes français (l'identité narrative chez Ricoeur avec l'accent français, ça a la classe, même si je les vois froncer les sourcils à certain moment pour capter mon accent! ^^)... un plan, en trois parties, avec une problématique. Mon colloc m'avait prévenue pourtant...mais je n'aurais pas imaginé que ça puisse en imposer autant !
Les leurs sont tellement plus marrantes pourtant : une discussion qui part au gré des pensées, sans auteur souvent, très souvent avec des digressions sur dieu, des pensées mises à la suite les une des autres...le charme indien dans toute sa grandeur ! Et mon académisme de prépa si peu fun et tellement triste !
Mais bref, les semaines continuent...on interrompt les séances parce que les profs ont d'autres meetings, on nous libère, puis on reprend, mais je dois aller en sanskrit, ouf, je m'échappe, puis on reprend, des heures pour une personne, quelqu'un qui a raté repasse, on s'arrête, on en a marre, on reprend, on s'arrête, pas de planning libre, on s'arrête, on reprend...un planning légèrement aléatoire où on attend souvent une semaine avant de passer, papier en main. On est reporté. Peu importe, c'est l'Inde...
Puis, alors que je désespérais ce mercredi là, d'être venue alors que je n'ai pas cours normalement, persuadée d'être coincée jusqu'au soir dans cette salle de conférence, perdue toute la journée devhttp://www.blogger.com/img/blank.gifant d'interminables présentations (
dont la mienne) lançant des regards déprimés à mon voisin qui me raconte sa vie sur des petits mots en papier (
dieu merci, il y a des choses universelles...)...nos profs décident à 13h qu'ils ont autre chose à faire. LIBRE ! Et là, moment exceptionnel...
"non, mais vous avez beaucoup travaillé ces dernières semaines, on vous donne deux jours de congés, vous êtes en week-end..." LIBERTE SAVOUREUSE PARCE QU'INESPEREE ! La réflexion me vient tout de même que les indiens ne survivraient pas à la prépa...mais donc, ma présentation reportée à la semaine prochaine, après avoir fait une dissertation, quatre jours d'un beau week end ! La vie est belle et ce pays est merveilleux, où les examens ne font stresser personne et où personne ne commence à travailler avant la veille, où personne ne panique après s'être fait laminé, et juste, recommence son paper...
Deuxième présentation : pieds-nus, toujours, je ne peux pas m'en empêcher, profiter, profiter de cette liberté ! Je me lancerai dans un peu de philo indienne, sous le sourire bienveillant de mon assemblée, qui m'attend au tournant...enfin je reviens vite à ma philo grecque et à Descartes, traduit en anglais, tout un programme ^^. Bref, encore la même histoire... et finalement, définitivement fini !
Ce fut dur et intense ;-) ...