vendredi 28 janvier 2011

Rajasthan, Jodhpur







Sorties du bus, nos sacs jetés à l'hôtel, et direction les hauteurs de Jodhpur la magnifique, pour un sublime coucher de soleil, et une tranquillité dont on n'avait oublié la signification après six mois...Bienvenue à Jodphur la ville bleue.







Une soirée d'errance dans les rues sinueuses et bleues aux allures de Cyclades, suivant les mariages, saluant les enfants, écoutant les passants chantonner "Sheila", se perdant, évitant les bâtons qui s'abattent sur les indiens pour nous signaler l'accès interdit à une voie, se perdant, continuant sa route, arriver au bazar, se perdre dans les épices, et dans leurs odeurs, retrouver la ville et son animation, et terminer au coin du feu dans un restaurant fabuleux, tel qu'il me fera oublier mes envies françaises...










Direction le fort le lendemain...et quelques vues de Jodhpur.









jeudi 20 janvier 2011

La rentrée

Mardi 18/01, jour de rentrée.

Je l'ai su parce que mon professeur m'a appelée : "Allo, oui, euh vous faites quoi le prochain semestre ? Ah, vous êtes toujours là, vous revenez en philo ? Oui, parce qu'on n'avait pas de nouvelles (toujours inscrite en hindi, of course), ah non mais très bien, bon et bien ça commence le 18!" Teek hai, I will be there.

Oui, mais, à quelle heure le 18 ? Je l'apprendrais par miracle la veille, par l'intermédiaire d'un pote qui a appelé notre autre prof. La notion de "stress de la rentrée ?" Moi pas comprendre.

Bon, départ pour le fac, rentrée 10h. "Philosophy of mind, analytical philosophy, self-knowledge." J'arrive à l'heure (presque) ; une seule copine est présente.
"Ah, on ne vous a pas prévenues ? Ca commence à 11h"

Faux départ, et un petit tchaï au soleil, en T-shirt sur le campus en attendant.
11h, c'est parti. 12h, mon doyen débarque : "Manidipa, y'a la présentation de mémoire à côté". Bon, quand il faut y aller, il faut y aller. Fin du cours à 12h15 (heure prévue : 13h)

Prochain cours, à 3h : "existential phenomenology and its engagements", par mon doyen. Je débarque, tout le monde est là (on choisit deux cours sur trois ce semestre.)
"Combien d'entre vous ont choisi mon cours ?"
- Tous, Monsieur
- Ah non !!!!!!!!! Mais quelle drôle d'idée ???!!! Mais pourquoi vous avez choisi mon cours ??? Vous auriez pas pu aller chez les autres, et m'éviter cela ??? Je n'aurais pas eu à faire cours !!! Vous êtes sûrs, vous voulez prendre celui-là ?? Pffffffff"

"Bon de toute manière, c'est la rentrée, c'est dur. Je ne suis pas d'humeur, je ne vais pas faire classe aujourd'hui. Prenez la bibliographie, et puis, on se revoit la semaine prochaine ? Non, jeudi ? Y'a cours jeudi ? Ah, à quelle heure ? 10h, c'est ce qu'il y a marqué ? Ca vous va ? Non, 11h ? D'accord, 11h. Mais je dois partir tôt pour Chandigarh jeudi, donc soit on fait 10h30-12h, soit 11h-12h... 11h-12h ? Bon, okay, à jeudi."

Jeudi, à 10h15, l'administration m'appelle : votre doyen est occupé, il ne fera pas classe aujourd'hui.

I LOVE JNU !!!!!!!!!!!

mercredi 19 janvier 2011

Débats intérieurs, ou la trépidante vie d'Elise et de son Moi.

Après six mois, rien, plus rien ne pouvait m'arriver. Plus de surprise, plus d'étonnement, une vie posée qui planifie ses week ends, travaille à la library (j'entends ricaner parmi l'audience), gère l'administration indienne, connaît les lieux de sortie, avec ses potes, etc etc etc. Une fois n'est pas coutume, on croit qu'on a dompté l'Inde, qu'on la maîtrise. Une fois encore, on s'est trompé, lamentablement.

Retour de soirée, un peu avant 2h, free mojitos. Je me couche tranquillement dans mon lit quand celui-ci se met à bouger. Mais à bouger, vraiment. A taper contre les murs. Bon, avant de hurler, rationaliser.

Hypothèse 1 : ai-je bu à ce point que des hallucinations me prennent ?
Réponse : Free mojitos = beaucoup trop de seven up pour ne pas perdre d'argent. Impossible.

Hypothèse 2 : ça y est, il y A NOUVEAU un pigeon sous mon lit !!!!!!!
Réponse : la porte était fermée, Elise
- UN RAT ??????????
- Oui, mais tout de même, un rat n'arriverait pas à faire bouger l'ensemble de ton énorme lit...
[on se passera de la vérification physique par peur, sur le coup, de se retrouver nez à nez avec un rat sous mon lit]

Hypothèse 3 : ça y est, la voisine s'est trouvée un amant, et ils s'amusent au point de faire trembler les murs !!!!!!!!!!!
Réponse : Elise, ta gueule.

Hypothèse 4 : UN TREMBLEMENT DE TERRE !!!! Je ne vois plus que ça, je vais MOURIR finalement à Delhi !!!!!!!! Comment faire ???? Vérifier que les murs tiennent debout, résister à l'envie de hurler, ou de courir dans la chambre de Pauline (en hurlant), évaluer l'ampleur des chocs, penser à se mettre sous le lit, se couvrir d'un matelas, se mettre sous un bureau -oui m'enfin si le bâtiment s'écroule, ce qui dans le cas de l'Inde, risque d'arriver immédiatement, cela ne me sera pas d'une grande aide-, résister finalement à tout cela, et réaliser que bon, tout de même, ça ne tremble pas tant que ça, que seul mon lit bouge, et que les murs restent parfaitement debout...

Je me recouche. Peut-être ai-je rêvé ?
Le lendemain, sur facebook et dans l'actualité, le même titre de partout : "Earthquake in Pakistan". Senti jusqu'à Delhi.

Je le savais !!!!!!!!!!!!!!!!!

mardi 18 janvier 2011

Rajasthan...Ajmer

Départ pour Ajmer bien avant l'aube ; une fois encore, Dieu seul sait comment nous n'avons pas loupé notre train (surtout que nous ne savions pas de quelle gare il partait.) Mais nous voici, assise dans une classe indienne de tgv (si vous avez déjà vécu les sleeper class, vous noterez la différence ^^).

Une journée à Ajmer. L'entrée impressionnante dans cette sorte de Old Delhi (quel Delhicentrisme honteux...) et dans le dargah, la vieille vile qui se constitue autour d'une sorte de complexe de mosquée, qui constitue l'un des principaux lieux de pèlerinages musulmans ; des ruelles bondées d'une sorte d'énergie et de frénésie telles que seule l'Inde sait le faire, au milieu des bazars, des mendiants divers, des gamins, des musiques (dont Sufi, puisque le tombeau est celui d'un saint soufi, Khwaja Muin-ud-Din -mes amis indiens devraient être fiers de la précision de ce détail-) jusqu'à l'arrivée majestueuse de cette mosquée qui organise la rue en deux files distinctes (si si !). Un monde incroyable que l'on interprètera comme un évènement que l'on ne comprendra jamais, puisque beaucoup de visites nous seront interdites, et que mes oreilles ont souffert des hurlements intérieurs de la mosquée (amplifiés par un micro). Mais en nous relayant, nous nous lançons dans la foule l'une après l'autre (pour être rapide, RIEN n'est autorisé à l'intérieur), et Pauline qui fera office d'éclaireur, se fera jeter à divers endroits dont nous ne connaissions pas les offices (salle de prières des hommes notamment, avec une force très drôle, et diverses autres pour des raisons toujours inconnues). Bref, tout de même, une formidable plongée dans cette mini Mecque fourmillante, et malgré les regards parfois fortement désapprobateur, voire légèrement agressifs des habitants ici ou là, on se fait vite à un tel labyrinthe et à son énergie ! On suivra le mouvement un moment dans ces rues incroyables...






Et puis aussi, histoire de varier les religions, juste à côté (ou la magie de l'Inde), un temple jaïn très très drôle parce que rempli de maquettes dorées illustrant la conception de l'ancien monde, ou comment atteindre le kitsch et le trop c'est trop en deux secondes ! Mais tout de même, l'extérieur est très beau...





Pour finir la journée, rendez-vous à l'Ana Sagar, le lac d'Ajmer, qui mérite quelques observations.
D'abord, le sens de l'écologie indienne : un lac jonché d'ordures diverses et variées, au point que s'en approcher de trop près promet de très mauvais souvenirs olfactifs ! (et visuellement, malgré tous mes efforts pour ne pas le faire apparaître en photo, vous en serez témoins vous-mêmes).






Puis, dans cette ville au finir peu touristique (et donc peu habituée aux blancs, corrélat automatique!), nous avons testé pour vous (filles formidables) la réactivité de la police, qui au final, est très bonne ! Après notre courte nuit, nos visites et l'animation de la ville, nous nous asseyons tranquillement au bord (enfin pas trop près) du lac, bien décidées à voir le soleil se coucher là. Un petit tchaï d'un petit tcha¨tchaï tchaï ambulant, et le bonheur à venir...omission faite des dizaines et des dizaines de photos prises
- les familles d'abord, qui se jettent sur nous pour nous entourer et faire leur photos
- les filles entre copines, qui demandent gentiment et timidement la permission ; - les bébés que l'on nous met dans les bras
- les couples pour une raison que je ne saisirai jamais
- et...les dizaines de millions de milliards d'indiens hommes qui peuplent ce pays, que l'on aime beaucoup mais avec modération ! Les dizaines de milliers de civilisés qui viennent inlassablement nous poser les mêmes questions, se passent les réponses mais reviennent nous poser les mêmes questions (sans quoi, c'est pas drôle), qui nous prennent en photo, avec eux, avec leur copain, avec leur autre pote, avec leur troisième, et le quatrième qui est là bas au fond, attends on va le chercher, et le cinquième qui débarque par magie, et le sixième qui accoure, et et et et et... ; et les hommes beaucoup moins civilisés qui nous suivent discrètement (pour autant que la discrétion soit une qualité indienne, c'est-à-dire en marchant sur nos pas appareils photos levés en notre direction, parfois tout de même faisant croire qu'ils parlent à leur ami situé à l'opposé de leur portable, on y croit très fort !), nous poursuivent, se mettent devant nous, viennent s'assoir à côté de nous, bien collés, pour s'imposer en photo, se placent en face de nous et lèvent leur appareil photo, se déplaçant au gré de nos mouvements...

Se sentant entourées par une vingtaine d'appareils photo nous poursuivant et des hommes qui accourant dans tous les sens, je finis par me mettre à crier sur certains, et hop, immédiatement, par magie, la police qui dormait à côté (ce n'est pas une image), se lève, débarque, les vire, les engueule, se met à hurler plus fort que nous, les disperse, et hop ! Affaire réglée... (toujours dans un calme absolu, évidemment)

Après tout cela, le lendemain matin, avant de partir chercher un bus pour Jodhpur, petite visite des ruines de la mosquée Ahai-din-ka-Johpra (et oui, j'avoue, le Lonely planet est à côté de moi...), simplement sublimes sous cette lumière matinale...Juste magnifique, à voir par vous-mêmes...







Bye-bye crazy beautiful Ajmer,
And let's go to Jodhpur !

mardi 11 janvier 2011

A la recherche des Maharadjahs...

Départ pour le Rajasthan. Jaipur, Ajmer, Jodhpur, Jaisalmer. Départ pour le pays des rêves et de ma magie indienne. Départ pour le pays de toutes les fascinations, dans un autre monde...

Première escale en fin de semaine à Jaipur. Sac à dos rempli, nous partons en courant un soir chercher un bus : départ à 00h15, dernier bus à 00h30, station de bus beaucoup, beaucoup trop loin. Sauter dans un rickshaw, arriver dans ce lieu désert, prêtes à ressauter dans un autre pour une autre station de bus où le dernier part à 1h00, courir essayer de prendre des places, 00h35...et...toujours un bus à l'arrêt pour nous. La magie de la ponctualité indienne.

Pour la première fois, un formidable bus où nous sommes une petite dizaine, tout neuf tout beau (si si!), tout décoré, où l'on vous sert de l'eau, qui roule presque normalement (omission faite des klaxons, sans quoi ce ne serait plus l'Inde!), sans secousse, sans vitre cassé, sans kilos de poussière, sans poubelle constituée au sol...très étrange impression, et quelle surprise !

Arrivée à Jaipur assez tôt pour sauter dans un bus (habituel cette fois, ouf, nos repères retrouvés!) qui nous emmène à Amber Palace : des bus défilent sans numéro devant nous, et après avoir réussi, à coups de hurlements et de grands signes étranges, à en approcher un, nous voilà dans le mauvais sens...bon, try again. Nouvel essai, quelques dizaines de bus qui nous refoulent, dont un qui allait effectivement au bon endroit (mon superbe accent hindi étant toujours à ma disposition pour de nouvelles aventures...), nos grosses fesses au milieu de cette énorme avenue qui gesticulent pour essayer de se faire entendre... mais après une heure d'essai raté, finalement, succès ! Et arrivée au paradis...le soleil encore paresseux dorant l'Amber palace, et un premier aperçu de ce Rajasthan majestueux...Premier enchantement.







Retour aussi en zone touristique, et de grands fou rires annoncés !!! On ne se lassera pas de ces vendeurs qui nous harcèlent pour nous vendre un Ganesh immonde à 600 RS (good price, good price for you !!!), ni même de l'imagination et de leur goût fameux, qui nous proposent tout et n'importe quoi (des instruments de musique au miniature au statuette etc...), un kitsch touristique formidable... mais encore mieux, les touristes eux-mêmes ! Ah, retour des groupes chinois, de la formidable classe des européens en vacances, avec leur turbans multicolores refourgués par les précédents, leur ganesh à la main, leur photos de groupes et leurs hurlements...ah, Europe comme tu m'as manquée !





Bref, visite et notre empreinte laissée à un indien qui avait oublié son portable, et qui le retrouvera avec quelques magnifiques grimaces de deux blanches... (et on s'étonne qu'ils nous trouvent étranges ^^!) ; après cette plongée dans les merveilles du Rajasthan, au milieu des éléphants, d'un lac et de vues splendides, retour à la vie indienne, aux klaxons, aux bousculades et à ce marché immense qu'est la ville de Jaipur...

Entre le shopping qui constituera une bonne partie de notre week end, les essais d'arnaques, les étalages de bijoux en argent qui me feront hurler, les heures passées dans les échoppes à ABSOLUMENT tout déballer, négocier, et laisser, après avoir senti mon coeur se déchirer devant les bijoux laissés, et s'enthousiasmer devant les merveilles marchandées, après avoir haïs le marche international de l'argent qui fixe les prix, mais avoir les bras rempli de ces bracelets multicolores qui inondent les Bollywoods, et accumuler les sacs, les deux hystériques que nous sommes continuent leurs visites...

Le Palais des vents (Hawa Mahal). Que croyez le ou non, nous avons failli rater à cause d'un léger assoupissement dans le bus, mais une bosse sympathique m'aura fait hurler : "pauliiiiiiiiiiine, c'est paaaaaaaaaaaaas lààààààààààààààààà ??????????", selon ma discrétion, mon sens aiguisé de l'espace et de l'orientation habituels... Mais finalement...






Le city palace ensuite, pour s'enfoncer chez les Maharadjahs, au coeur de la ville...





Un petit Bollywood au Raj Mandir, première salle de cinéma Hindi d'Inde, immense et bondée, avec des pop corn, un coca et une attention renouvelée devant ses films en hindi que nous comprenons toujours (non, ce n'est pas notre intuition impressionnante, juste l'expressivité indienne qui nous fait deviner dès la première minute que Machin aime Truc et que forcément, leur amour triomphera de papa, maman, et dans ce cas, l'euthanasie de Machin, mais cela dit, ON AIME ET ON N'EN REDEMANDE !!!!!!!!! -surtout quand Machin est très beau-)

Après avoir rempli nos sacs, retour à Delhi avant notre vrai départ dans le Rajasthan, dans l'un de nos bus habituel et favori (c'est tout de même vachement plus marrant de faire des bonds de deux mètres à chaque bosse!), en s'étonnant et en ne comprenant pas vraiment comment, nous les deux débiles, nous avons réussi à gérer si parfaitement ce week end, sans rater de bus, sans dormir dehors, en trouvant tous nos monuments, chargées de cadeaux, sans nous être perdues, sans être descendues à truc-bidule-chouette le village paumé du coin, sans avoir tellement hurlé, et sans aventure incroyable et extraordinaire...