vendredi 3 septembre 2010

Hare Krishna



Départ pour le temple Iskcon dans l'est de Delhi : le chauffeur de rickshaw croit bon de m'informer que "c'est la fête de Krishna et qu'ils la célèbrent dans ce temple" : "of course, I know banane !" ;-) Aujourd'hui, je suis indienne. Plongée dans la vie, la vraie, la populaire.

Arrivée dans un quartier sous haute surveillance, où l'on enlève nos chaussures à l'entrée, où l'on les laisse sur des piquets de bois dans des sacs plastiques qu'ils balanceront par terre au moment de les récupérer. Oui, à l'indienne quoi. Je pars donc, sans kurta mais avec l'écharpe bien disposée, suivre la foule aux sons des chansons balancées à fond dans les rues, des danses, des couleurs, sous des toiles rouges et jaunes façon cirque, dans des files non mixtes, me faire fouiller 45 fois, me faire "bénir" (est ce le terme approprié ?) avec de la poudre couleur or sur le frond, me faire souhaiter "hare krishna" à chaque pas, suivant la procession à l'indienne, comme indienne, où personne, mais personne n'a su que j'étais touriste :-)! (cela grâce aussi à la faculter indienne de prier, en criant, en chantant, en prenant des photos)



Finalement, encore et toujours pieds nus, j'arrive dans la "chapelle" (que de termes occidentaux pour une réalité qui n'existe pas !) pour la cérémonie proprement dite, pleines de fleurs, de danse et de couleurs (toujours !) où tout de même, on me vire assez vite : bah oui, s'il faut faire passer tout Delhi dans la journée...





A nouveau le départ dans les entrailles rouges et jaunes du temple, toujours sous une musique entraînante et assourdissante, et arrivée, après le passage près de vendeurs de fleurs à offrir à Krishna, de douceurs sucrées à offrir à Krishna, de livres sur Krishna, arrivée carrément dans une place avec de multiples stands : associations caritatives, dons demandés, sectes diverses et variées : discussion donc avec un gars qui me propose un programme en six jours pour sortir du cycle des réincarnations et trouver le bonheur continu. L'essence de la Bhagavad-Gita, oeuvre philosophique tirée ici complètement du côté de la foi. Cela me laisse songeuse sur l'absence de distinction, ou l'extrême intrication de la philosophie et de la religion, que j'aborde tant en cours (face à Sartre !).

Bref, voici le fameux programme (payant) :
1er jour : recherche du bonheur
2ème jour : est ce que Dieu existe ? (la réponse est évidemment oui), et la journée commence avec le thème "preuve de l'existence de Dieu", ou comment donner le ton.
3ème jour : qui est Dieu ? (bah oui, étant donné qu'il existe assurément, cf jour 2)
4ème jour : qui suis-je ?
5ème jour : pourquoi de mauvaises choses arrivent aux bonnes personnes ?
6ème jour : Yoga à l'âge moderne

Cela dit, on me propose aussi une séance de méditation, gratuite, pour savoir qui est Dieu, encore et toujours, dans cette même secte, à laquelle j'irai sans doute à l'occasion, histoire de voir...


Krishna Janmashtami : festival en l'honneur de la naissance de Krishna. Donc, un jour férié à la fac.

Au final, je ressorts, ravie mais plus vraiment étonnée : importance religieuse dans le quotidien, danse, musique et couleur, un gros bordel, du monde, des fouilles successives, des files non mixtes, du commercial, la philo liée à la religion, ou la religion liée à la philo, la différence radicale avec l'occident, les discussions, mes chaussures difficilement récupérée... DELHI LIFE !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire