Bref, nous montons, et là, deuxième aventure : nous devons nous hisser au troisième étage de la couchette ! Essayons en vain de monter mon énorme sac devant les yeux d'indiens mi-surpris mi-amusés, mais inactifs, je finis par demander à l'un d'entre eux de me le monter ; il s'exécute sans broncher. Serait-ce la clé ? Bon, je grimpe, et je me laisse bercer par le train, sans peur cette fois de tomber (vu la vitesse du train, peu probable.)Début d'une douce nuit qui se terminera par les appels constants des vendeurs de tchai, coffee, breakfast divers et variés, même jeu pour gosses, etc dans toutes les gares jusqu'à Kolkata.
A part de l'heure à laquelle nous devions arriver, nous nous mettons en tête de demander à chaque arrêt du train si c'est notre gare, mettant dangereusement en péril les nerfs de notre voisine du dessous, après une quinzaine de gare comme fausses alertes...mais finalement, nous arrivons gaiement, avec cinq heures de retard !
Gare de Kolkata. Déjà un autre monde, mais pour l'instant, l'on s'attendait à pire. Nous sortons, et surprise : nos habituels rickshaws de Delhi sont ici cantonnés à certains quartiers comme bus publics encore ; taxi obligé, nous nous faisons largement escroquer, croyant qu'ils n'avaient pas de compteur ! Celui-ci, qui évidemment nous assura qu'il savait où c'était, se perdit largement et complètement dans notre futur quartier, demanda une trentaine de fois sa route, essaya de nous larguer dans tous les hôtels riches qu'il voyait (encore...), aidé de quelques rabatteurs bien décidés à nous faire changer d'avis. Bref, avec notre guide du routard, nous changeons d'adresse, nous reperdons indéfiniment...jusqu'à ce qu'un tireur de pousse pousse vienne nous guider jusqu'à notre hôtel.
Notre magnifique hôtel où le plafond était à 1,40m. Où l'on prenait sa douche à genoux ; où notre tête heurtait le plafond à chaque moment d'inattention ; où il fallait accéder à sa chambre courbé ; bref, de grands moments !
Début de Kolkata, finalement. Là encore, à peine dehors, rencontre d'un indien qui s'ennuyait manifestement dans la rue et qui décide de nous accompagner au cimetière de Park Street, magnifique havre de paix dans une ville qui tout de même, nous permet de marcher et de nous rendre à pieds dans la majeure partie des endroits, avec des trottoirs et une circulation presque normale ! Unbelievable...
Départ ensuite pour la mission de mère Thérésa, émouvant endroit (bien que légèrement prosélyte) qui retrace le parcours de celle-ci au milieu des soeurs, suivi d'une messe, et oui...seule énigme au programme : nous, qui comme nombre de français, étions persuadées qu'elle était française, tombons de bien haut et l'on nous ri au nez ! Mère Thérésa n'a absolument aucun lien avec la France, et notre beau pays n'est absolument jamais cité dans toute sa biographie longue et exhaustive. Et toc. (si quelqu'un connaît un détail que nous ne savons pas sur cet amalgame, merci de nous en faire part^^)
Le lendemain, après l'indian museum, et une légère engueulade (ah oui, à Kolkata les indiens s'engueulent tout le temps, tandis qu'à Delhi, ils sont impassibles devant leur administration, première différence culturelle inter-indiens) entre notre ami et le guichetier qui me refuse mon statut d'indienne (je suis donc, et pour toujours, indienne à Delhi et étrangère à Kolkata, mes nationalités se multiplient), nous entrons dans une sorte de caverne de Harry Potter, où des salles sombres se succèdent, plancher en bois, multiples pierres, potions magiques entreposées ici et là...avec une mention spéciale du jury pour la salle archéologique, absolument magnifique ! Bref, après cela donc, nous partons pour le Victoria memorial...
Welcome to Britishland ! Retour en Europe, on se sent à la maison ! Et là, découverte de Kolkata la formidable...des couples, de part et d'autres, s'isolent pour se faire des bisous, (on en verra plus tard cachés dans les buissons), se tiennent la main, se protègent du soleil avec des ombrelles improvisées...bienvenue dans le monde du romantisme anglais vu par les indiens. Mais on notera surtout cette extraordinaire liberté féminine qui règne dans toutes la ville, indépendantes, amoureuses, aux habits variés entre salwar kameez et jean-converse-débardeur...
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