En Inde, votre estomac est en péril à chaque seconde :
- l'énergie bouillonante des employés fait sans doute qu'ils oublient qu'ils sont en train de verser du piment dans votre assiette alors qu'ils regardent par la fenêtre.
- vous êtes menacés de mort dès que vous ouvrez votre robinet d'eau non potable, que vous prenez une douche non potable, que vous faites chauffer de l'eau non potable pour votre riz ou votre café (et que vous le cramez complètement du coup), que vous faites la vaisselle à l'eau non potable, le ménage à l'eau non potable...
- corrélation immédiate : vous passez votre temps, dès que l'on vous verse un verre d'eau, à demander d'où il vient, si l'eau est filtrée, si vous pouvez boire...et vous avez sérieusement l'impression d'être une petite nature. Idem pour les glaçons, pour lesquels vous ne faites confiance quà McDo et aux hôtels de luxe.
- l'hygiène alimentaire dès que vous entrez dans un monde indien (cantine de la fac) doit être ignorée pour éviter toute panique ultérieure. Alors, vous détournez les yeux de la cuisine et des employés mains nues qui prennent vos chapati (pain), puis coupent vos légumes, puis saisissent quelques casseroles, puis vous rendent la monnaie, puis découpent la viande, puis cuisine mains nues, puis..., avec les mêmes instruments et les vieux ustensiles crades, les gamelles posées au milieu de tous, et vous fixez le menu en essayant de comprendre ce que vous pouvez commander.
- vous ne pouvez pas poser un paquet de biscuits, un paquet de riz, une tranche de pain, un cornflakes ou autre sur le plan de travail, fourmis obligent. Du coup, quand vous oubliez, vous versez du lait aux fourmis dans vos cornflakes, et au moment où vous allez glisser la cuillère dans la bouche, vous vous demandez tout de même ce que sont que ces grains noirs. Ou alors vous faites cuire du riz aux fourmis, et une fois celles-ci bien cuites, quand vous versez tout cela dans votre assiette, vous vous mettez à hurler.
- la viande (enfin, le poulet) vous fait peur quand vous voyez les boucheries et les découpes sur le sol poussérieux avec un vieux couteau émoussé qui a servi aux dix derniers poulets, et pourtant, si vous vous promettez de ne jamais en acheter, vous ne pouvez pas vous empêcher d'en commander, alors qu'il vient forcément du même endroit, qu'il n'est pas toujours assez cuit, et qu'il baigne dans l'huile : trois raisons de ressortir malade.
- les oeufs qui se vendent à l'unité sont gardés sur le bord des échoppes, à côté des pots d'échappement, et les fruits et légumes dans des carioles dans les rues, au milieu de tous les insectes au monde, ayant bien sûr été traité par je ne sais quoi et de l'eau non potable
- le lait est vendu empaqueté dans des pochettes plastiques, conservé dans des frigos qui subissent des coupures d'électricité quotidiennes ; idem pour les glaces.
- le riz repose dans d'énormes sacs en tissu posés au sol, et la cuillère avec laquelle on vous le sert traîne par terre.
- on vous vend du jus de fruit, des gateaux et des chips périmés depuis un, deux, trois mois...ou quelques années. Et comme vous venez d'un pays où tout est contrôlé, bah, vous ne pensez jamais à vérifier, jusqu'au moment où vos yeux (après avoir fini la brique de jus et de fruit et le paquet de gateau) tombent sur cette information utile.
De sorte que, un mois après votre arrivée, vous décidez que vous avez le bide le plus résistant au monde, et que vous survivrez décidément à tout dans ce pays.
(j'ai dû oublier d'autres détails sordides, mais notez également que je ne donne ces informations que longtemps après mon arrivée, cad maintenantn que je me porte à merveille ! Pas de panique donc, don't worry, be happy...)
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