Départ en train de Varanasi, après un départ reculé de quelques heures, évidemment... deux gars sympathiques nous tiennent une interminable conversation durant toutes ces heures d'attente, avec un étrange moment où, comme l'un d'eux me demande de lui montrer des euros, je sors mes quelques centimes qu'il me reste et que je n'ai pas pu changer...là, un attroupement d'une quinzaine d'hommes se met à nous entourer, nous parler, se passer les pièces, nous demander combien elles valent. J'insiste sur le fait que, même pour eux, ça ne vaut absolument rien, mais rien à faire, ils restent tous attroupés autour de nous, assises au milieu d'un cercle d'hommes plus grands, et bla bla bla, et les pièces repartent, s'envolent, reviennent...on me dit de les ranger, je m'exécute, mais après on me demande, encore et encore, de les montrer, on veut me les prendre, ou me les acheter, bref...j'ai encore du mal à comprendre cet étrange phénomène qui veut que pour le moindre exotisme, l'ensemble des hommes indiens débarquent, beaucoup trop proches de vous.
Nos deux amis improvisés se révèlent, de la même manière, légèrement beaucoup trop collants : l'un m'appellera au milieu de la nuit, alors que j'essayais de dormir sur ma couchette du train, pour venir me voir, me harcèlera pour que nous descendions, le lendemain soir, durant notre train pour Kolkata, au milieu de la nuit, à sa gare, puis les deux continueront à m'appeler, indéfiniment...indian boys (y).
Mais bref, nous montons, et là, début de l'aventure : je suis au deuxième étage, ce qui signifie se hisser, sans échelle (of course), avec un sac de 15kg et une minuscule poignée qui m'attend en haut. Bon, ne riez pas trop fort, j'y suis arrivée. Début d'une nuit de luxe (indien) dans ce qui est leur première classe : climatisée, avec des rideaux pour séparer les couchettes quatre par quatre, et un gars qui vient vous réveiller au milieu de la nuit pour vous prévenir de votre arrêt. Dieu merci, car rien n'est annoncé, aucun écriteau sur les quais, et avec tout ce retard, impossible de savoir quand nous arrivons.
Gare de Gaya, trois heures du matin. Un amoncellement de personnes qui dorment, au point que marcher parmi les corps étendus est une épreuve en soi. A peine sortie, une horde de chauffeurs de rickshaws nous assaillent "BODHGAYA ! BODHGAYA !" Bon, négociations entreprises, nous partons, à l'arrière de rickshaws spacieux qui font ici office de bus public, mais cela, je ne le comprendrai que le lendemain. Pour l'instant, nous nous retrouvons en compagnie de trois hommes, au milieu de la campagne, roulant durant 30min dans le noir le plus complet, sur une route absolument déserte, au milieu de nulle part, et je me mets à songer de la possibilité qu'il puisse nous arriver malheur. Mais sauter d'un rickshaw au milieu de la nuit n'étant pas très utile, j'attends en méditant sur la faculté de faire confiance à n'importe qui à l'étranger.
A l'arrivée, notre chauffeur ne trouve évidemment pas (c'est affaire courante ici) le monastère tibétain que nous lui demandons, essaye de nous larguer dans tous les hôtels qu'il voit, fait quatre fois le tour du pâté de maison, se balade dans la ville, jusqu'à nous virer, plus ou moins, tout en essayant de nous soutirer de l'argent parce qu'il s'est perdu. En Inde, toujours avoir du culot, leçon n°1 pour devenir chauffeur de rickshaw.
Finalement, alors que nous commençons à envisager de dormir dans la rue (les rues ne sont jamais vides, alors que tous les hôtels sont fermés), notre chauffeur, peut-être un peu honteux de nous larguer au milieu de nulle part en pleine nuit (ou peut-être après s'être fait jeter parce qu'il ne connaissait rien et essayait de nous extorquer de l'argent...), nous appelle : il a trouvé le monastère, duquel sort à ce moment un moine bouddhiste. Coup de chance, nous pouvons rentrer, on nous donne une chambre dans ce fameux monastère où le dalai-lama se rend chaque année ! (et où la chasse d'eau ne marche pas, on ne peut pas tout avoir pour 200Rs!)
Le lendemain, nous partons un peu sans trop savoir où aller...à peine le temps de se trouver un jus de mangue, qu'une moto nous arrête ; un indien/népalais bouddhiste, qui tient absolument à nous faire visiter le temple de notre monastère tibétain. Pieds nus, les explications commencent sur le bouddhisme, la vie de Bouddha... début d'une folle journée. Dès lors, nous partons sur sa moto, cheveux au vent, à travers la campagne du Bihar, visiter tous les lieux bouddhistes reculés et si peu touristiques...la caverne où il n'a pas mangé durant six semaines, les différents temples éloignés...parcours magique entre le vert qui manque tant à Delhi et les lieux religieux éparpillés.
Egalement un autre monde, rural, immensément plus pauvre, où l'eau fait défaut, où il y a un marché aux vaches (ce que je continue à trouver étonnant!), où les gamins courant partout après la moto et nous saluent à chaque village, où les femmes portent des masses énooormes sur leur tête... Delhi, tout à coup, me semble occidentale.
Bref, retour sur Bodhgaya où l'on nous emmène visiter tous les temples, toujours à moto, ce qui est appréciable sous une chaleur torride, où un ami de Tassi arrive, où d'un coup, tout le monde veut venir me voir à Delhi, même si l'ami en question n'a rien à me dire, où l'on échange les numéros, où l'on finit par nous emmener dans la boutique du père de notre ami...of course. Séduction ou marchandage, malheureusement, les relations avec les hommes semblent avoir peu d'autre issue ici.
Mais ne ternissons pas l'image de cette belle journée qui nous a immensément plus apportée qu'à eux, sans lesquels nous n'aurions jamais pu voir la moitié du quart de ces lieux sacrés, avec une escapade bienvenue au milieu de tout ce vert, ces paysages et ces rizières... Happy surprising day !
La photo sur la moto est géniale!
RépondreSupprimerC'que tu voyages, dis donc!
oui ! j'espère que ça va durer comme ça !! et je te souhaite la même chose ! bisous bisous
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