
C'est sûr, j'ai du retard. Mais tout de même, Delhi qui accueille les jeux du Commonwealth, c'est à noter ! De longs fou-rires passés...
Première étape : les préparatifs
-Des militaires qui se déploient petit à petit dans la ville, de plus en plus...
-Des lignes qui se tracent sur ces chaussées immenses qui constituent les rues de Delhi. On dessine des traits dessus, et cela correspond à des files (si!). Encore fallait-il l'expliquer : on place alors des balises au bord du trait pour délimiter LA file (celle qui est réservée aux différents convois, bus, voiture, moto du CWG) de l'anarchie habituelle du commun mortel
-Les travaux qui s'accélèrent : des attroupements intensifiés de partout qui parfois, maintenant, font autre chose que boire un tchai ; de l'énergie, un bordel de plus en plus incroyable, des routes qui se font petit à petit...
-le désespoir : le pont du stade qui s'effondre, le boa retrouvé dans le village des sportifs, les multiples annulations en raison de la situation catastrophique des sanitaires de celui-ci, le métro qui n'en finit pas de s'écraser, des complexes faits sans parking, des parkings sans complexe...les journaux se déchainent, les regards anglophones internationaux se tournent avec affliction sur cette préparation, les bourdes diplomatiques "c'est parce que les indiens n'ont pas les mêmes critères sanitaires" pour justifier des sanitaires pleins d'excréments et de cette atroce substance rouge que les indiens crachent en mâchant du tabac immonde, les pressions terroristes intensifiées, l'épidémie de dengue qui menace tout Delhi, les multiples et infinies dénonciations de corruption...bref, l'impression d'aller à la catastrophe, assurément.

Mais uncredible India, toujours.
Le jour J, Jawaharlal Nehru Stadium est un nouveau monde : une zone désaffectée de tout ce qui fait l'Inde (dhaba, vendeurs de momo, stands divers et variés de tout, routes pourries, circulation anarchique, rickshaws, mendiants...) bref, un impressionnant stade, une organisation rigoureuse qu'avec tous nos efforts nous n'arriverons pas à assouplir (oui, on a essayé^^!), un calme rompu seulement par les acclamations...
Et une énorme fierté indienne. La ville devient rouge des tenues des sportifs et des volontaires bénévoles en tenue dans tout Delhi, les bus flamboyants dévalent les rues neuves et décorées, les voitures au nom des CWG s'imposent, les militaires vous gèrent les rickshaws, des cérémonies dont on parle à l'infini, la ville est aux couleurs du succès, et tout le monde s'incline finalement...

Mais tout de même ! Ces fameuses balises qui volent dès qu'un bus passe à côté, et les policiers qui courent de partout pour les remettre, les coups de sifflet permanent dès qu'un rickshaw ou une moto s'engouffre dans LA file réservée, ayant un effet momantané limité à 5secs avant que ceux-ci ne repartent dans cette seule file qui avance, l'énervement des conducteurs qui décidément, ne comprennent pas ce concept, les bidonvilles que l'on cache approximativement avec de beaux panneaux pour les CWG, mais qui dépasse toujours en hauteur ou en largeur, les mêmes affiches que l'on met dans les arrêts de bus en réduisant tous les vieux bus pourris (dont le mien!) que l'on essaye de ne pas montrer, des militaires plus nombreux que les habitants derrière leur sac de sables et leurs mitraillettes, les interminables contrôles pour entrer dans les stades, les restrictions infinies (pas le droit aux pièces de monnaie...) les indiens qui tombent dans les escalators du métro parce qu'ils ne l'ont jamais pris, qui hurlent en les montant, les sorties hyper sportives de celui-ci ou chacun pousse de toutes ses forces et de tout ses coudes dès l'annonce de la station, créant un attroupement mortel pour la pauvre occidentale que je suis...

Bref, une folie permanente sur laquelle se greffe une fierté toujours renouvelée des indiens, pour leurs cérémonies impressionnantes, leurs athlètes vainqueurs...
Et finalement nous nous lançons : le lawn balls ! Il faut tout de même affronter la queue à l'indienne (ie, l'absence de queue), mais nous y accédons !
Qu'est ce que le lawn balls ? Un sport formidable qui consiste en une sorte de pétanque au lancer du billard ! Hyper sportif donc, et nous admirerons les corps de rêves de ces grands sportifs aux bourrelets de bières australiennes...
Le public ? Trois gros débiles français, et les femmes de ces athlètes internationaux. Quelques indiens perdus aussi, et quelques jeunes qui viennent pour le billet à 60 roupies (1e). Bref, petite ambiance british coloniale avec ces madame et leur fameux chapeaux, public formidable aux drapeaux de leur pays, pleins de gadgets immondes...et ambiance du tonnerre avec ces trois débiles français qui agitent leurs drapeaux des CWG.
Et à côté, l'immense stade aux hurlements de l'athlétisme, vachement plus impressionnant, mais certainement moins marrant ! (photos de Pauline)

Mais nous essayons de revenir, les derniers jours. Plus de place. Sans nous inquiéter, en bonnes indiennes que nous sommes, nous nous dirigeons vers le stade, récupérons les billets de deux jeunes, et entrons très tranquillement pour affronter la sécurité. (les billets ne sont pas nominatifs et valables pour une journée, vraiment pas de quoi s'affoler).
Nos billets sont affichés comme ayant déjà été validés. Pas de panique, pas de problème. Nous commençons à faire une crise, comme quoi nous sommes sorties rejoindre des amis qui n'ont pas eu de tickets, mais nous ne savions pas du tout que nous ne pouvions pas rentrer à nouveau après, on voulait juste voir nos amis, et bla bla bla...
Nous sommes très confiantes.
Jusqu'au moment où la sécurité passe le billet sous la machine, qui montre trois mecs indiens en train de faire valider leur ticket. Oui, l'horreur de la modernité : elle prend en photo chaque passage... bon, nous nous faisons jeter en deux secs en nous faisant accuser de les avoir achetés au noir, nous avons l'audace de nous offusquer (oui bah quoi, on est blanches tout de même ^^) bruyamment, et nous partons avec dignité.
L'Inde nous surprendra toujours...
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