samedi 19 mars 2011

Bangladesh

Bon, cela fait un bail que je n'ai pas écrit : l'Inde su Sud, Pushkar, Udaipur... La fin du Rajasthan reste en suspens. Une manière de laisser le chapitre ouvert. La vie à Delhi aussi, une sorte de routine indienne, toujours pleine d'explosion, de surprises et de découvertes : c'est Holi en ce moment, une énième fête Hindu, signifiant cette fois-ci des bombes à eau sans arrêt sur nous, et gamins et des chiens roses dans les rues. La fête des couleurs...j'espère y revenir.

En attendant, départ pour le Bangladesh ! Je pars seule, mon sac à dos avec moi, pour 34h de voyages, avant de retrouver Aksad, professeur à la Dhaka University, étudiant en doctorat à la JNU. Arrivée à la gare de Delhi : 3 000 paires d'yeux dirigés sur moi, curiosité et dévouement ; on me prend mon billet des mains pour m'expliquer quelle est ma plate forme, où se trouve mon train, ma place...la police me surveille, tout le monde me surveille, et au moindre problème, au moindre changement de ton, me voilà assurée d'avoir une garde de 2 000 indiens courant pour me secourir ! Bref, je suis une assistée (les gars, je sais me retrouver dans une gare indienne !!!!), et voilà mon beau train rouge, les meilleurs d'Inde, ceux qui filent directement, klaxonnant et ne s'arrêtant jamais. Dans 18h, je serai à Kolkata.

Là, entre le gouter samossa, la pause tchai, l'avant repas soupe, l'apéritif crackers, le dîner, la glacer post dîner, le réveil par le tchai matinal, suivi du petit def (rien n'est exagéré, rythme digestif effréné de ce train!), je tombe donc sur une famille Bengali de poètes...présentations, récitations, chants, le voyage est animé ! Et pourtant, pour la première fois depuis que je suis arrivée, le voyage sera calme et paisible de 23h à 6h du matin... Rajdhani Express, mon train, que je t'aime !

Arrivée à Kolkata, départ direct pour l'aéroport où je passerai la journée...je deviens la chouchoute de la sécurité, du cafe coffee day, et discute avec les touristes, angoissée ("vous savez si je pourrais acheter des vêtements au Népal?" -"non, les Népalais se baladent à poil Madame, assurément!"), et les grands voyageurs solitaires protecteurs, les businessmen qui parcourent le monde... finalement, seule femme ou presque du vol, je décolle, malgré l'oeil mauvais de l'émigration indienne, ou celui encore moins agréable du Bangladesh qui ne veut pas croire que je me rends à l'université ! Quelque négociations, mes roupies habituelles changées contre des Thaka, et me voilà en compagnie de mon ami, à Dhaka !

Dhaka...ce bordel incroyable, par rapport auquel Delhi semble si bien organisé, si peu peuplée, si bien aérée ! Dhaka, où 30min d'embouteillages succèdent à 5m, puis 30min d'embouteillages, puis 5m...ad vitam eternam. Dhaka, où le mode principal de déplacement est le rickshaw velo (dans lequel je suis devenue une experte!), à 10km à l'heure dans une ville de 20 millions d'habitants ! Dhaka, où la densité de population est l'une des plus fortes au monde...un fourmillement incroyable qui fonctionne par une magie et avec mon respect le plus absolu (même si moi, évidemment, je me prends toujours des gens de partout!) ; Dhaka, qui n'est pas habituée au touriste, où l'on me regarde, l'on me regarde, l'on me dévisage, avec bienveillance toujours, avec une surprise attendrie, parfois effrayée, Dhaka où je ne verrais pas de blanc, et cela fait du bien ! Dhaka la non touristique, un peu de dépaysement ! Dhaka, où pendant le coupe du monde de cricket, les gens s'amassent devant les écrans géants disséminés partout, la ville est entièrement décorée à l'honneur de son équipe, Dhaka la festive ! Et pour les plus anxieux, Dhaka n'a rien d'effrayant, elle est impressionnante, mais pas plus pauvre, ni moins vivante que ses voisines indiennes...plus de buildings, plus de béton, pour faire rentrer plus de gens, plus de bouchons, mais le même esprit. Le Bangladesh est indépendant depuis trente ans, et cela se sent. L'Inde est sa voisine, et sa soeur...(et tant pis pour la fierté indienne !)








Le lendemain soir, nous partons pour Cox's Bazar, ou la plage la plus longue du monde... 150km de plages, de sables, de mer...début du paradis.





Départ pour Cox's Bazar, la plus longue plage du monde : 150 km de long...
Bienvenue au paradis. A présent, ce ne sera plus que cocotiers, poissons grillés sur la plage, poissons grillés au restaurant, cocotiers, sables fins, eau turquoise, baignades...

Bref, une histoire qui se renouvelle après le sud de l'Inde, oui parce que, comprenez-moi, ma vie était insoutenable, je n'avais pas vu cela depuis janvier...







Sauf qu'en plus, aucun gros blanc gras, touriste et débile à l'horizon ! :-)
Donc après avoir rejoint St Martin, et son île déserte voisine pour une journée, est vraiment déserte !




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