Retour à Delhi. Après un mois itinérant, un appareil photo prêt tout afficher, et... 2°C à Delhi. La buée qui sort dans mon appartement quand je parle, qui s'envole de ma salle de bains quand mon chauffe-eau a fait effet, les nuits congelées, le linge qui ne sèche plus et...la joie des rickshaws, ces mobylettes à trois roues, sur lesquelles je sens mes pieds se congeler petit à petit. Un monde fait pour la chaleur qui affronte l'hiver. Et la mode indienne, qui conjugue tongs chaussettes et un amoncellement de châles. On survit comme on peut !
Bref, au milieu de ce monde hostile, me voilà fin prête à affronter l'administration indienne. Deuxième round, six mois après. Ou comment je suis devenue indienne.
Vendredi, dernier jour annoncé des inscriptions. J'arrive, pas de passeport original en main ni de photo. Après trente minutes d'attente du secrétaire qui ne s'était manifestement pas levé, on me renvoie chez moi. "You can come on monday".
Teek hai. Me voilà de retour on monday, et pas du tout angoissée d'avoir dépassé la dead line. Un premier papier, mais pas de signature. Il ne s'est pas levé plus tôt ce lundi, et la femme qui donne les papier n'est pas habilitée à les signer (quoi d'étonnant ?). Après 20 minutes d'attente, un tchai, 20 autres minutes, un deuxième tchai, 20 minutes, un lunch, 20 min, un tchai, 20 min, un tchai, 20 min, un tchai, 20 min, un tchai, etc etc etc (et une quinzaine de tchai plus tard, et quelques heures plus tard), sa collègue désespérée de nous voir revenir à intervalles régulières nous accompagne chez son boss. J'AI SURPASSE LA HIERARCHIE INDIENNE. I AM SUPERWOMAN. Première révélation.
Et puis, trouver le bureau pour payer l'inscription. Remplir les quatre folio identiques, s'éparpiller dans tout le campus pour trouver le bon administrateur, se battre avec les boîtes à hostel, débarquer dans le centre d'hindi au milieu d'une magistrale engueulade qui m'échappera complètement, voir mon responsable signer beaucoup trop lentement mes quatre folio (après m'avoir envoyée faire des photocopies des documents juste remplis, troisième aller-retour photocop), continuer à hurler, chercher ce qu'il pourrait invoquer pour me renvoyer, ne pas trouver, se remettre à hurler, signer un folio, se remettre à hurler, s'occuper de quatre personnes, revérifier que non, vraiment, il ne peut pas m'envoyer chier, continuer à signer, à hurler...finir au bout de trente minutes, retourner à l'admission, leur hurler mon succès, finir à mon "indian languages" pour mon MA de Hindi (on ne change pas une équipe qui gagne, même si j'aurais aimé tenter l'Urdu!)...
Les entendre me parler en hindi, comprendre par une intuition indienne de l'administration fortement développée par nécessité de survie, finir les derniers préparatifs aux ordres hindi... ne pas être passée pour une débile qui est en master de hindi et qui ne parle pas un mot, leur répondre en hindi, les voir signer le tout, repartir en hurlant.
Moins d'un jour et demi pour s'inscrire à la fac. Une demi-journée de gagnée sur mon dernier record. Et seule, non assistée par une troupe d'indiens armés.
I am indian. Definitely and forever.
:)
RépondreSupprimerBy the way, après la pire (ou la meilleure si point de vue indien) mousson depuis 30 ans, me voilà dans le pire hiver connu depuis un sacré bout de temps...la vie est injuste !
RépondreSupprimermais non la vie n'est pas si injuste...tu as vaincu l'administration et réussi à passer la folle épreuve de ....l'admission (bis)..
RépondreSupprimerbisous et...bon we